Goblin State Park et son armée de lutins figés


A 1600 m d’altitude, dans une vallée ovale enfoncée dans un plateau et comme jaillies du sol, des centaines de petites colonnes de couleur ocres ou roses selon la lumière de 2 m ou 3 m de haut font penser à d’énormes champignons ou, pour les imaginations nourries de merveilleux, à une armée de gnomes trapus isolés dans ce cirque entouré de falaises. Bienvenue à Goblin State Park !

La première vision de ce site propulse mon esprit dans un monde allégorique de grande envergure, dans un conte de fées où les lutins sont rois. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : d’une grande cour de récréation où une multitude de petits lutins pétrifiés dans leur élan devaient bien s’amuser avant d’être touchés par un ensorcèlement quelconque.

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Goblin State Park

Si ces lutins n’ont plus bougé depuis bien longtemps, leurs statues suent pourtant par toutes leurs pores sous l’effet des forces naturelles qui affinent leurs silhouettes leur donnant un semblant de vie jusqu’à ce qu’elles se dissolvent totalement, retournant à l’état de poussière et au néant. Ce tableau expressionniste façonné dans le grès rose laisse désorienté. Car, comme pour toute œuvre, l’interprétation reste libre. Avec tout de même une certitude : celle d’avoir pénétré l’Amérique des origines.

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Goblin State Park

Du bord du plateau au fond de la vallée, il n’y a que quelques mètres mais les reliefs voisins sont dix ou vingt fois plus hauts. La vallée d’où s’écoule un ruisseau intermittent alimenté par de rares pluies, plus souvent la fonte des neiges, est longue de trois kilomètres, moitié moins large. Son fond est plat et le lit du cours d’eau se perd dans les mailles formées par les lits subsidiaires autour des rangées de silhouettes.

A la fin des années 1920, Arthur Chaffin, propriétaire exploitant accompagné de 2 compagnons, étaient à la recherche d’une route alternative entre Green River et Cainsville. En 1949, Chaffin retourna dans la région qu’il surnomma la Vallée des Champignons et passa des jours à explorer cette mystérieuse vallée, photographiant ses scores de créatures intimement érodées.

La zone a été acquise par l’État de l’Utah et a été officiellement désigné comme parc d’État en 1964.

Je descends donc me promener au milieu de ces hoodoos : le paysage est fabuleux. J’ai l’impression d’être sur une autre planète ou de marcher au beau milieu du décor de la Saga Star Wars. Galaxy Quest – un film américain réalisé par Dean Parisot sorti en 1999 qui parodie les séries de sciences-fiction comme Star Trek – a d’ailleurs été tourné dans ce décor surnaturel.

Le parc est immense : on aurait vite fait de se perdre dans ce dédale de formations rocheuses où aucun sentier n’est tracé. Certains hoodoos ont réellement des formes étranges qui interpellent mon imagination.

Goblin Valley est un endroit assez surprenant mais très délicat : cette fragilité est visible au niveau des formations, toutes composées de terre tassée très sensible à l’érosion. Après chaque orage ou les jours de grand vent, les cheminées de fées perdent quelques millimètres de hauteur et d’ici quelques milliers d’années Goblin Valley n’existera plus !

Malheureusement, cette grande armée improbable de lutins figés à jamais restera pour moi dans une ombre un peu triste d’un ciel très chargé bien que quelques rayons de soleil en réveilleront quelques-uns de temps en temps le temps d’une photo…

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