Voyager, un privilège réservé à une élite ?


Évitons les raccourcis faciles : parcourir le monde relève t-il d’un choix de vie ? Ou seuls les plus chanceux peuvent-ils en profiter ?

Je suis riche (mais pas vous…)

C’est la remarque que j’entends le plus souvent quand je pars en voyage. Vous pensez que j’ai plus d’argent que vous ? Pas si sûr… J’ai choisi de faire partie du système et non d’être en marge de celui-ci : aussi, j’ai un boulot. Mais comment est-ce possible de voyager quand on a un salaire en dessous de la moyenne ? Sachez que je n’ai pas secrètement gagné au loto, que je n’ai pas non plus de supers pouvoirs me permettant de m’élancer dans les cieux cape au vent ou de me télé-transporter.

Mais voici mon secret pour travelling : j’économise dès que possible ! Je ne vais ni chez l’esthéticienne ni au cinéma, je vois mon coiffeur seulement 2 fois par an, je ne suis pas une accro du shopping, je vais au restaurant épisodiquement, je me maquille peu, je ne fume pas, je n’ai pas d’abonnement à la salle de sport, j’ai la même voiture et le même portable depuis des années, je ne sur-consomme pas côté bouffe et je troque, emprunte ou vends des trucs qui ne me servent plus dans les vide-greniers : bref, quand il s’agit de financer mon prochain voyage, je fais preuve d’imagination et de persévérance pour mettre de l’argent de côté. Et quand vient l’étape de la réservation, j’écume les sites et je traque petits prix and bons plans.

  • le choix des billets d’avion

– je réserve le plus tôt possible mes billets en classe éco
– je cumule des miles que je peux réutiliser ensuite pour voyager moins cher
– je voyage si possible en dehors des vacances scolaires pour obtenir des tarifs plus attractifs
– j’évite de partir à la haute saison
– j’utilise toujours les comparateurs de prix
j’effectue mes recherches sur le web en navigation privée pour que les traceurs ne se rappellent pas de moi et affichent des prix quasi fixes d’une recherche à l’autre

  • hébergement et alimentation

Voyagez pas cher implique de faire des choix : je fais donc impasse sur les palaces et les restaurants gastronomiques. J’opte souvent pour un hébergement chez l’habitant ce qui présente pour moi, outre l’avantage d’être plus abordable, la possibilité de faire des rencontres inoubliables, d’en apprendre un peu plus sur la culture et les coutumes d’un pays, et surtout d’avoir une cuisine à disposition et donc de manger frais, local, pas cher et fait maison ! Pour info, certains supermarchés offrent des cartes de fidélité qui permettent de bénéficier de réductions intéressantes et si dormir chez l’habitant ne vous enchante pas, il existe you will find for example many mystic places d’autres possibilités de logements pour les vacances, dont certaines gratuites.

  • la location d’une voiture

Comme pour les billets d’avion, je vous conseille de comparer les prix sur le net. Si vous faites un road trip et que vous souhaitez un 4×4 pour plus de confort, vous paierez forcément plus cher qu’une simple berline qui aura en outre l’avantage de moins consommer. Sachez aussi que dans certains pays, des stations services offrent de la même façon que certains magasins alimentaires des cartes de fidélité qui permettent de bénéficier de réductions intéressantes sur le prix de l’essence. N’hésitez pas à vous renseigner sur place.

  • activités à faire sur place

– perso, les visites payantes sont réduites à celles qui présentent un réel intérêt for me
– je fuis les attractions pour touristes de style les bus hop on/hop off qui sont, en plus d’être bondés, souvent chers
– les promenades à pied restent mon meilleur atout pour découvrir une ville ou un lieu sans débourser un sou
– certains hôtes via Airbnb incluent parfois le prêt de vélo, kayak ou paddle dans le prix de la nuitée : un vrai bon plan

Je n’ai jamais peur de rien (et vous avez peur de tout)

Certains pensent que je n’ai jamais peur quand je voyage. Faux.

Je fais partie de ces gens qui pensent sans arrêt à tout un tas de trucs (ou presque) et je suis parfois sérieusement angoissée à cause de mon imagination qui me fait penser à toutes sortes de scénarios catastrophiques… Mais à la différence de certains qui pourraient se laisser contrôler par leurs peurs, j’essaye de lâcher-prise quand l’anxiété m’envahit : parfois j’y arrive, parfois c’est plus difficile mais dans tous les cas, il est hors de question pour moi de me laisser envahir et arrêter par des pensées négatives.

Bien entendu, il est évident que j’évite toute conduite à risque pendant un voyage comme me promener seule la nuit, avec tout mon matos photos à portée de vue ou porter des bijoux de valeur par exemple. Aussi, je suis à jour dans mes vaccinations, toujours équipée d’une trousse de secours. Je connais enfin les numéros d’urgence des pays où je vais et je fais en sorte d’être bien renseignée sur les mœurs du pays où je me rends afin d’éviter de blesser les gens par rapport à leurs croyances notamment.

Quitter ma routine ou mon petit confort n’est pas un problème

Si je me sens pleine de gratitude face à la vie et que chaque voyage que je fais me permet de repousser mes limites et de sortir à bien des égards de ma zone de confort, quitter ma routine peut être parfois contraignant. Car c’est un fait : l’idée même du voyage implique qu’il faille lâcher tous ses repères (logement, travail, confort et proches) et rime aussi avec la notion d’inconnu et de prise(s) de risque.

Mais quoiqu’il en soit, l’envie de voyager me donne assez de motivation pour quitter mes proches et le petit confort de ma vie bien rangée le temps d’un voyage, peu importe sa durée. Et vu qu’on ne peut jamais prévoir ce qui va se passer sur la route aussi bien à l’autre bout du monde qu’à côté de chez soi, j’ai donc choisi de voyager plutôt que de rester assise dans mon salon à rêver d’ailleurs et avoir peur de vivre mes rêves d’évasion.

Votre travail vous prend trop de temps

Mais je vais vous révéler l’une des clefs de mon bonheur : j’ai décidé de travailler pour vivre, et non l’inverse. La vie est courte et tout peut basculer à n’importe quel moment d’où l’importance à mon sens de profiter de chaque occasion qui se présente et de se donner les moyens de réaliser autant que possible ses rêves quels qu’ils soient.

Je comprends les désirs de voyage de ceux pour qui il est difficile de joindre les deux bouts financièrement pour des raisons qui leurs sont propres. Mais quand un cadre avec un salaire plus gros que le mien et occupant un poste stratégique dans une grosse entreprise envie mon style de vie parce que sa priorité principale est de mener une brillante carrière, j’ai envie de bondir !
Votre souffrance et votre frustration ne sont pour moi que le reflet de votre mal-être et le résultat d’une succession de choix : vous faites le choix de bosser comme des fous pour signer des contrats à 6 chiffres et encaisser des sommes astronomiques ensuite, vous choisissez de ne jamais poser de congés, vous vous perdrez aussi parfois dans votre travail jusqu’à oublier de prendre du temps pour vous, pour vos proches ou pour réaliser vos désirs de voyages.

Si vous vous trouvez dans cette configuration, dites-vous bien un truc : si votre vie vous déplaît, vous êtes le seul à pouvoir vous donner les moyens de changer. Faites le point sur vos impératifs, vos possibilités et vos aspirations. Et pour tous ceux qui rêvent de voyage, pensez au congé sabbatique ou même à démissionner si vous vous en sentez capable car après tout, qui sais de quoi sera fait votre prochain périple ? Vous pourriez même envisager de combiner voyage et travail. Dans tous les cas, si vous ne tentez pas l’expérience, c’est certain : rien de changera.

Vous avez des enfants, vous n’avez plus le temps de rien

J’entends beaucoup de parents dire que depuis l’arrivée de leur(s) enfant(s), ils n’ont le temps et l’envie de rien. Si l’arrivée d’un bébé bouscule très certainement pas mal de choses, voyagez avec un enfant est une chose tout à fait possible à condition d’être organisé. Certains parcourent d’ailleurs le monde avec leurs progénitures, peu importe leur âge.
Et puis, avoir des enfants ne veut pas dire d’arrêter de vivre et de réaliser vos rêves d’évasion. Alors si vous avez peur de les déstabiliser en voyageant, n’oubliez pas qu’ils s’adaptent plus facilement que les adultes à toute nouvelle situation.

Faire un voyage à l’autre bout du monde est trop fatiguant pour vous (mais pas pour moi)

Vous pensez que faire 29h de voyage pour rentrer d’un voyage à Hawaii est une partie de plaisir ? Que courir comme une dingo d’un terminal à un autre pour attraper l’unique correspondance de la semaine vers tel pays est un régal ? Que de devoir m’allonger sur la moquette dégueulasse d’une salle d’embarquement pour me reposer un peu car je n’ai pas fermé les yeux une seule fois en 24h est une situation plaisante ? Vous vous trompez.
Là encore, j’ai fais le choix de partir loin parce que j’en avais réellement envie : par conséquent, j’assume tout ce que cela implique.

Je suis trop vieux pour voyager

Tant que vous pouvez marcher, manger, boire et réfléchir par vous-même, vous êtes en mesure de voyager. De toute façon, quelque soit votre âge, pensez à adapter votre périple à vos goûts, vos envies, votre état de santé et surtout à votre condition physique.

J’ai un handicap

Rassurez-vous, voyager est aussi possible pour les personnes en situation de handicap, en témoigne le livre que j’ai écrit consacré à l’handitourisme en France et dans le monde (l’édition 2016 est en cours de finalisation). La préparation du voyage demandera pas mal d’organisation et parfois l’aide de quelques personnes avant et pendant le séjour mais rien n’est impossible.

Vous ne parlez pas de langues étrangères

Pensez-vous que je parle russe, ouzbek, japonais, chinois ou arabe ? Non. Ma langue maternelle est le français, et j’ai appris l’anglais et l’espagnol (dont il ne me reste d’ailleurs que quelques bribes) à l’école. Quant à l’italien, étant donné que j’habite à Nice, je traverse de temps en temps la frontière pour aller me balader, l’occasion d’apprendre à chaque fois quelques nouveaux mots…

Je ne vous cache pas que parler la langue du pays où l’on va rassure, et facilite les échanges ou les rencontres. Mais si vous êtes nul en langues étrangères, connaître quelques mots de base comme « bonjour » ou « merci » vous permettra déjà de briser la glace et de montrer à votre interlocuteur votre intérêt pour sa culture et son pays.

Mais pourquoi ne pas vous y mettre ? Si je me débrouille assez bien en anglais (cette langue m’a toujours plu), je ne suis pourtant pas bilingue pour autant au sens strict du mot et je galère parfois pour trouver mon vocabulaire. Mais en dépit de certaines contraintes, je me suis toujours débrouillée.

Pas de panique donc si vous ne parlez pas d’autres langues que le français car si apprendre une langue étrangère n’est pas votre truc, vous pourrez toujours faire comme moi en China : je faisais pas mal de gestes pour me faire comprendre, j’avais pris le soin d’emporter avec moi une calculatrice (nécessaire pour négocier ses achats), un plan illustré pour chaque ville où je devais me rendre (beaucoup de personnes sont analphabètes et ne savent pas lire les inscriptions figurant sur les plans), j’ai également utilisé un traducteur instantané sur mon portable ou encore montré des images (bus, eau, nourriture, train, pharmacie…) pour faciliter les échanges.

Les solutions existent ! Soyez confiants.

Conclusion : parcourir le monde relève t-il donc d’un choix de vie ? Ou seuls les plus chanceux peuvent-ils en profiter ? Un peu des deux…

Avant de vivre ses rêves, il faut déjà bien entendu pouvoir vivre sa vie et non la subir : quand ma route croise celles de personnes démunies, je me sens bien évidemment chanceuse. Quand je pense à ceux qui gagnent 100 € par mois dans certains pays pour des horaires de fou et des conditions de travail très pénibles, aux opprimés qui ne peuvent pas obtenir de visa, à ceux qui sont obligés de faire la manche pour se nourrir… Oui, je me sens chanceuse.

Mais quand j’entends des personnes juger avec envie ma façon de vivre alors qu’elles gagnent mieux leur vie que moi ou quand il s’agit de ceux qui commentent jalousement à tout berzingue le fait que je voyage alors qu’ils ont simplement faits d’autres choix de vie que les miens (comme avoir des enfants par exemple alors qu’eux-mêmes n’ont pas de boulot et galèrent pour s’en sortir), j’ai envie de leur répondre qu’explorer le monde ne relève pas de la chance mais bel et bien d’une succession de choix !

Pour terminer, je profite de cet article pour remercier ceux qui ne voyagent jamais mais qui ouvrent leurs portes avec bienveillance et générosité pour accueillir des voyageurs : je trouve en effet toujours très agréable de rencontrer ceux et celles qui prennent le temps de vous recevoir lors d’un voyage et de partager un instant de vie avec vous.
Et que dire de ceux qui restent là pour s’occuper de la maison, des plantes ou des animaux de compagnie ? Un simple « merci » ne suffirait pas…

Qu’en pensez-vous ? Voyagez relève t-il de la chance ou d’une succession de choix ?

By Elodie Cabrera
Live, Love, Smile & Travel !

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