Beijing, une ville authentique entre modernité et tradition


Également appelée Beijing, la ville de Pékin est la capitale de la République populaire de Chine.

Marché de la Rue Donghuamen

Ouvert depuis 1984, ce marché local très touristique est l’un des endroits les plus curieux de la capitale pékinoise. On y trouve certaines curiosités culinaires, et notamment des insectes à déguster… En route !

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Beijing – Marché local

Parmi ce que l’on trouve de plus impressionnant sur les étals, il y a les scorpions. Ici, il y en a deux sortes : des moyens de 5 cm à 6 cm assez clair et d’autres, beaucoup plus gros et noir avec une carapace assez dure. On trouve aussi des sauterelles, des grillons, des mille-pattes, des larves de vers à soie, des serpents, des étoiles de mer, des hippocampes, des méduses, des vers, des cœurs de poulets… Certains animaux se mangent encore vivants comme certaines espèces de chenilles mais la plupart des insectes sont toutefois frits.

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Beijing – Marché local

Bref. Vous l’aurez compris, ce n’est pas forcément le lieu le plus approprié pour moi pour dîner bien qu’on puisse également trouver sur certains stands des brochettes d’agneau ou de bœuf, de l’aubergine farcie, des nouilles, du tofu ou des épis de maïs cuits.

Ici, tous vos sens sont tellement sollicités – et pas toujours de la bonne façon – que je me suis abstenue sans aucun regret : entre les odeurs fortes de la friture, de la viande exposée au soleil ou de celle dégoulinante à cause de la chaleur, le pire restait sans doute les vers à soie tellement gros d’où s’écoulait un liquide blanc gélatineux quand les gens croquaient dedans…

Cette anecdote me rappelle la fois où j’avais goûté après plusieurs hésitations lors d’un fabuleux voyage en Thaïlande en 2000 une chenille me demandant si l’intérieur de la bestiole allaient être encore juteux ou pas. Beaucoup de peurs et de dégoûts face à ce minuscule insecte cuit, long de quelques centimètres que je tenais ainsi délicatement entre mes doigts depuis plusieurs minutes… J’ai finalement sauté le pas en grimaçant : finalement, ça avait un goût frit, un peu comme une chips bien salée.

Yi He Yuan

La construction de l’ancien Palais d’été débuta au début du XVIIIe siècle en cadeau à l’Empereur Yongzheng : le Palais lui sert de résidence, la Cité Interdite étant réservé aux événements plus formels. Ce sera l’Empereur Qianlong qui poursuivra l’expansion du lieu : sa superficie atteindra alors 3,5 km².

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Beijing – Palais d’été

Le Palais Impérial est principalement de style chinois. Mais l’Empereur qui aime les objets exotiques supervise aussi la construction de pavillons et de fontaines d’eau de style occidental. On surnomme alors le palais d’été : le Versailles chinois. Qianlong fait également construire des bâtiments de style mongol et tibétain pour montrer la grandeur de son Empire. Les extensions se poursuivent jusqu’au milieu du XIXe siècle.

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Beijing – Palais d’été

Le Palais d’été actuel qui se visite à Pékin est le nouveau Palais Impérial construit par l’Impératrice Cixi en 1886, tout près de l’ancien palais d’été. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, le site est dominé par la colline de la longévité. Véritable une bouffée d’oxygène à 12 km seulement Beijing, c’est un lieu d’exception, gigantesque avec des maisonnettes, un lac, des tours, un temple… si bien qu’une journée entière ne suffit pas à tout visiter !

Les toits des bâtiments sont de couleur dorée comme ceux de la Cité Interdite, couleur réservée à l’Empereur tandis que chaque édifice comporte de nombreuses boiseries peintes de multiples couleurs représentant des animaux ou des paysages. Dans ses 70 000 m² de surface construite, on trouve également une grande diversité de palais, de jardins et autres édifices : temples, ponts, terrasses, portes, îles artificielles, galeries, logis et même la reconstruction d’un petit village lacustre sans oublier le pont aux 17 arches qui traverse le lac Kun Ming et le bateau en marbre. Bref, c’est gigantesque, et je pèse mes mots !

Temple du ciel

Ce qui me fascine dans la visite des grands sites chinois, c’est leur grandeur et leur magnificence. Construit en 1420, le Temple du Ciel n’a rien perdu de son charme.

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Beijing – Temple du ciel

Autrement appelé Tiantan et plus grand sur une surface de près du double de la célèbre Cité Interdite, le bâtiment transpose sur Terre la cosmogonie chinoise et la hiérarchie politique sur laquelle reposait la légitimité impériale. On y retrouve ainsi l’opposition du Yin et du Yang ou encore du Ciel et de la Terre ainsi que toute une symbolique liée aux chiffres.

Ces lieux immenses étaient dédiés aux célébrations impériales et aux sacrifices assurant la clémence des Dieux : pendant presque 500 ans, les Empereurs de l’Empire céleste s’y rendaient lors du solstice d’hiver après trois jours de jeûne rigoureux afin de prier le Ciel pour qu’il y ait de bonnes récoltes. Si la base du parc entourant le Temple est carrée rendant hommage à la Terre, le haut du parc est arrondi et représente le Ciel. Les portes d’entrée de chaque cour sont peintes en rouge, couleur du bonheur : toutes possèdent des décorations dorées au nombre de 9, chiffre réservé à l’Empereur.

Cité Interdite

Une telle splendeur laisse sans voix : on se croirait (presque) plongé au cœur du film Le Dernier Empereur. Véritable ville dans la ville, ce domaine de 72 ha installé au cœur de la capitale Ming était considéré comme le centre de la Terre. Des douves larges de 52 m et une muraille pourpre haute de 10 m protègent cet endroit sublime ponctué à chaque angle de puissantes tours de garde délimitant un périmètre de 750 m d’Est en Ouest sur 960 m du Nord au Sud.

Traversée par une rivière, la Cité Interdite est composée d’une cour extérieure consacrée à la vie cérémonielle comprenant les trois palais du devant, et d’une cour intérieure dévolue à l’espace résidentiel avec les trois palais du derrière réservés aux événements marquants de la vie de l’Empereur. Une fois sur place, on se sent tout petit car la Cité Interdite est un lieu immense dans lequel on aurait vite fait de se perdre car l’organisation générale de l’ensemble paraît quelque peu labyrinthique au touriste non averti : autant dire que sans mon guide, j’aurai facilement pu me retrouver à tourner en rond un certain temps.

Comme pour le Temple du Ciel, le plan d’ensemble de la Cité Interdite a été conçu selon les principes du Yin et du Yang qui gouvernent l’harmonie suprême donnant ainsi leur nom à plusieurs bâtiments, généralement des structures en bois reposant sur un soubassement en dur : palais de l’harmonie suprême, palais de l’harmonie du milieu, palais de l’harmonie préservée…
Les colonnes et les murs sont rouges, la couleur du bonheur tandis que des tuiles vernissées de couleur jaune couvrent les toits incurvés décorés de statuettes sur leurs bords : le nombre de ces figurines suggère les différents rangs et positions des habitants de la Cité.

Grande Muraille

Installée dans un mini-bus pris dans le trafic pékinois depuis plus de 3h, les buildings et les grosses artères laissent petit à petit place à la nature. Je traverse une forêt entrecoupée d’une petite route de montagne serpentant entre les arbres : la Grande Muraille n’est pas loin, je la cherche des yeux quand soudain, elle se dessine enfin au détour d’un virage. Magique.

La Grande Muraille est appelée par les Chinois « le Long Mur des 10 000 Li‘ » : elle s’étend de Shanhaiguan sur la côte Est jusqu’à Jiayuguan dans le désert de Gobi. La construction du mur original fut entreprise il y a 2 000 ans sous la dynastie Qin (221-206 av. J.-C.) au moment de l’unification de la Chine à l’initiative de l’Empereur Qin Shihuang.

En se baladant sur le site, on assiste aussi à des performances de calligraphie éphémère : sur le sol brûlant (il fait presque 39°C), un vieux monsieur exécute des écritures qui s’évaporent rapidement. Une fois au pied de la muraille, je suis très déçue : d’une part, la pollution rend la visibilité quasi nulle sur des kilomètres et d’autre part, des centaines de gens grouillent dans tous les sens. On est loin des belles images que l’on peut voir dans les livres… J’enfile mes baskets, décidée à profiter malgré tout de ce site légendaire. Mon ascension démarre du côté de Badaling. Il fait très chaud mais c’est surtout l’humidité qui rend la montée des marches difficiles d’autant plus que ça grimpe vite et que chaque escalier (malgré l’usure) est très haut. Je continue d’avancer constatant par bonheur que la foule se fait de plus en plus rare au fur et à mesure de ma progression.

Durant ma visite, je suis également très surprise par le degré de saleté des lieux : des déchets partout, notamment des bouteilles d’eau en plastique vides balancées devant mes yeux impunément sur le sol. Le pire reste sans doute les odeurs d’urine puissantes, à soulever vous leur cœur… Mais revenons à l’Histoire de ce site car bien que majestueux et imposant, considérer cet ouvrage uniquement comme un monument de grande beauté serait plutôt réducteur : de fait, la Grande Muraille reste le symbole de la tyrannie. Ce travail exigea la participation de centaines de milliers d’ouvriers dont de nombreux prisonniers politiques. On estime que 180 millions de m3 de terre furent nécessaires pour former le cœur de l’ouvrage auxquels – selon la légende – sont venus s’ajouter les corps des ouvriers morts à la tâche. Cette triste histoire n’empêche pourtant pas de nombreux amoureux à venir sceller leur amour en y accrochant des cadenas enrubannés de rouge, symbole d’amour et de bonheur.

La Muraille ne remplit jamais sa fonction première, celle de contenir les envahisseurs. En revanche, elle se révéla très utile pour acheminer hommes, denrées et équipements dans des zones montagneuses reculées. Son système de tours de guet permettait également d’émettre des signaux grâce à des feux allumés avec des crottes de loups et de signaler rapidement à la capitale les mouvements des troupes ennemies. Au fil de l’histoire, la Muraille tomba dans l’oubli et des pans entiers s’effondrèrent : elle aurait pu totalement disparaître si elle n’avait pas été sauvée par le tourisme qui permis de financer la reconstruction de plusieurs sections importantes émaillée de boutiques de souvenirs, de restaurants et de parcs d’attraction.

Taille de l’Ambre et Cloisonnés

Hutongs

Le mot hutong a pour origine un mot mongol : hottog signifiant « puits ». Les ruelles étroites de Pékin sont appelées ainsi car à l’époque de leur construction, ces habitations vivaient à proximité d’une source d’eau, ou d’un puits.
Si certains axes ou quartiers de Pékin semblent neufs, modernes et communs, ces hutongs conservent une ambiance totalement différente, typiquement chinoise où le calme et la sérénité sont prioritaires sur la modernisation et l’économie, et où la vie semble s’y dérouler au ralenti.

A Pékin, il reste des hutongs répartis dans plusieurs quartiers de la ville : certains sont encore relativement bien conservés, d’autres ont été rénovés perdant beaucoup de leur intérêt tandis que les derniers sont dans un état de délabrement avancé et risquent d’être démolis prochainement…

Que penser de ces habitations de quelques mètres carrés ? Certaines possèdent des toilettes et des douches à partager, d’autres n’ont ni eau courante ni électricité alors que nous sommes en plein centre de la capitale pékinoise qui croît économiquement à une vitesse fulgurante. Si vous voulez sortir des sentiers touristiques, rangez vos cartes, oubliez votre guide de vacances et baladez-vous dans ces petites ruelles. C’est certainement le meilleur moyen de découvrir les hutongs de Pékin.

By Elodie Cabrera
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